Promare: La routine excitante de Trigger studios

Le studio d’animation Trigger vient de dévoiler son nouveau projet, Promare. Sauf que cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une série télé, mais d’un film. Pendant un temps le film était seulement accessible dans des conventions et festivals tel que Otakon et Fantasia. Ce dernier est là où j’ai pu le visionner. 

D’abord, disons-le tout de suite, l’aspect le plus fort de Promare repose aisément dans l’audiovisuel. Le film présente trois styles d’animation distincts. Le premier, une forme plus simple avec une palette de couleur plus douce faisant penser à l’art déco. Le deuxième, un style plus traditionnel présentant des designs plus complexes et des lignes de contour. Le troisième lui, est en 3D. Chaque style à son utilité pour chaque situation, comme faciliter les scènes avec de longues conversations en ayant des personnages avec des modèles moins élaborés. Évitant ainsi la crainte de devoir constamment adhérer aux feuilles de modèles peut-être trop complexes. Des modèles traditionnels et plus élaborés sont réservés pour les courtes scènes d’action. Les modèles 3D eux, permettent des scénarios plus dynamiques grâce au mouvement offert par la caméra existant dans un espace. Les plans sont alors tous extrêmement dynamiques et ne se gênent pas d’aller dans toutes les directions. Certaines séries se limiteraient à faire tourner la caméra en rond, mais pas ce film. Rectiligne, diagonales, rotations… tout change vraiment rapidement dans différentes valeurs de plans. Les détails dans l’animation sont aussi nombreux et rivalisent presque un film comme Spider-Verse. Comme ce dernier, il va sûrement falloir le voir plus d’une fois pour apprécier tous les détails.

Comme insinué plus haut, la musique non plus n’est pas en reste. Hiroyuki Sawano offre comme à son habitude une composition énergétique. Un mélange entre l’orchestral et le rock qui accompagne bien les scènes et ne manque pas de transmettre les sentiments d’un moment donné. Il est facile de soudainement partager le désir brûlant de vaincre d’un personnage. Même après la représentation c’est une bande sonore qui s’écoute bien tout seul.

L’œuvre n’est pas parfaite, mais il n’y a rien de particulièrement mauvais. Le seul défaut de Promare repose dans son manque d’originalité. Les thématiques, les personnages (apparence et personnalité) et même les acteurs sont recyclés. Ne soyez pas surpris si un personnage vous semble familier et qu’il partage le même acteur qu’un autre dans une série passée. C’est une chose que de faire des références; Luluco en avait de bonnes à leurs œuvres antérieures sans être toutefois dérivatives. Ici, j’ai l’impression que les projets passés ont été jetés dans un bac de recyclage et qu’un nouvel employé a ressorti une ou deux feuilles pour un nouveau projet. Sans trop en révéler, disons que la progression de l’histoire va vous sembler familière. C’est un condensé de leurs séries habituelles qui me fait croire que peut-être que le cinéma est plus adapté pour Trigger. Plus gros budget et même histoire concentrée plutôt qu’étirée sur douze épisodes.

Il est dur de ne pas faire de comparaison à leurs autres séries. Le personnage principal ressemble à Kamina de Gurren Lagann, mais sans le bagage émotif ni le développement. Lui et les autres personnages sont quand même un peu attachants et font rire, mais pas autant qu’ils auraient pu. Le film essaye aussi de ramener les mêmes concepts, mais pas avec une attention aussi accrue, alors un entre-deux malaisant se crée. Le film essaye d’être plutôt jovial, mais à la fois d’avoir des questions sérieuses sur la manière de trouver des solutions à une crise tout en restant éthique. Ces problèmes sont rapidement balayés sous le tapis et l’humour est utilisé pour les retirer de la focale. Promare n’arrive pas à s’impliquer à cent pour cent dans les sujets qu’il amène de lui-même. Des films d’autres studios comme Redline ou Kubo, sont purement des exercices esthétiques et ne se prennent pas trop aux sérieux. Ce film-ci par contre, veut tout avoir en même temps. Le temps n’était pas ce qui manque au film, simplement l’exécution.

L’histoire, avait peut-être un peu trop de dialogue d’exposition. Trop d’éléments semblaient simplement réutilisés et vers la fin certains concepts étaient à peine justifiables. Aussi, certains personnages étaient peu utilisés et cela semblait comme du gaspillage d’un design et d’une bonne performance d’acteur. Malgré tout, il n’y a rien de vraiment mauvais dans Promare. Il s’agit plus de ne pas avoir fait l’étape de plus, comme un élève satisfait d’avoir 70% dans un examen. C’est un film quand même très recommandable, surtout pour l’aspect audiovisuel. Il ne faut tout de même pas oublier les bons moments d’humour et une excellente cinématographie.

Je suis sorti souriant de l’expérience. Je lui accorde un 7.5 sur 10. 

 

Harryson Joseph

Un vrai snob intellectuel, je m'intéresse à toute sorte de choses, mais particulièrement les jeux vidéos. La télévision à eu raison de mon cerveaux alors je n'arrive qu'a déblatérer mes opinions de la manière la plus incohérente possible. Dans mon temps libre j'écris et je pousse les gens à rejoindre mon culte tournant autour du jeu Godhand.

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