Spider-Man: Into the Spider-Verse

Spider-Man nous introduit finalement à son univers étendu avec Into the Spider-Verse.

Spider-Man a longtemps été inconsistant lors de ses adaptations. Le seul endroit où son succès semble presque constant reste dans le domaine des adaptions télé. Dans le cas de Into the Spider-Verse, la question est: s’agit t’il simplement d’une bonne adaptation ou d’un bon film en général? J’ai le plaisir de dire que les deux buts ont été atteint malgré certains faux pas.

Commençons d’abord par l’aspect le plus difficile à ignorer: le style visuel du film. Dès le début, même dans le logo de Sony Pictures, le film présente une stylisation particulière. Il n’est pas trop dire qu’il s’agit réellement d’une bande dessiné en mouvement. Le film évoque un style principal, mais aussi différents styles alternatifs liés à divers personnages. Ceux-ci différents dans la façon dont ils sont animés. Dans son style principal, le film utilise des points benday comme dans les illustrations des années 30. Il y a aussi des lignes de contours très accentuées sur les personnages et les objets qui rappellent un style plutôt fin 90/début 2000. Les couleurs, elles, sont très saturées et penchent plus vers les BD de 2015 à aujourd’hui. L’animation en tant que tel montre vraiment l’évolution des techniques de modélisation 3D. Les personnages sont extrêmement expressifs et se déforment comme une illustration 2D et ont des poses très dynamiques. Le dernier film à m’avoir autant impressionné était Batman Ninja.

L’ensemble est très bien réussi, mais les détails non pas été négligés. Spider-Gwen, par exemple, a un léger espace entre ses dents. Spider-Ham cligne des yeux, mais des narines aussi. Il ne faut pas oublier les millions de détails cachés qui passent extrêmement vite dans les arrières-plans. Beaucoup de chaînes YouTube se sont empressées d’en faire des compilations incomplètes. C’est ce genre de détails qui rend l’univers riche visuellement et qui donne une impression de vécu. La cinématographie est plaisante, les mouvements de caméra et les techniques de montages sont également variées. Le film ne se gêne pas de suivre les personnages dans toutes sortes de positions et de vraiment inspirer un sens du vertige. Les différentes coupures, elles, aident beaucoup avec les moments de comédie et défient les attentes de l’auditoire; sans trop en révéler, il y des moments bien juxtaposés. Rien de trop compliqué, mais l’exécution est bien faite et réserve plus d’un rire.

Maintenant, le gros morceaux: l’histoire. Les fans de l’univers de Spider-Man trouverons tous quelque chose. L’histoire se concentre surtout sur Miles Morales (nouveau Spider-Man), Peter Parker et en partie Gwen Stacy (le premier amour de Peter). Trois autres version les rejoignent: Spider-Ham, Peni Parker et Spider-Man Noir. Bien que les trois premiers reçoivent plus d’attention, chaque incarnation de l’homme-araignée reçoit son temps pour briller. Les fins connaisseurs verrons des détails à propos de leur univers et origines. Si vous n’êtes pas fan, l’histoire résume parfaitement chaque élément sans s’éterniser mais peut-être un peu trop car certaines questions sont évitées. Peter, par exemple, ne semble pas réagir au fait que son premier amour décédé il y a longtemps existe dans une autre dimension avec des pouvoirs. Ce sacrifice doit toutefois être nécessaire. C’est quand même un miracle qu’un film de super héro condense aussi bien tous ces personnages. Le fait que Spider-Man soit déjà connu de tous aide beaucoup. Ça et le fait que chaque itération est fondamentalement unies par une même thématique de la responsabilité. En dehors de cela, l’histoire peut être par moment clichée, il s’agit d’une histoire pas surprenante, mais bien exécutée.

Là où le récit réussi toutefois, c’est dans ses interactions avec les différents personnages. Spider-Man est connu pour son humour bien que plusieurs adaptations l’oublient et que certaines en font trop. Il arrivait par exemple que Peter vomissait des blagues en plein combat mais ici ce n’est pas le cas. Les blagues viennent des interactions entre les personnages ainsi que leur réactions aux évènements et se produisent d’une façon qui semble naturelle la plupart du temps. Les cinq araignées ont aussi des tranches de dialogue très intéressantes entre les uns les autres qui prennent plus de sens lorsqu’on avance dans l’aventure. Leurs vies personnelles teintent leur réactions face à chacun et rajoutent encore plus à l’humour.

Si par contre il y a une chose qui rend ces interactions vraiment bien, c’est le jeu d’acteur. J’avais des doutes sur Jake Johnson – l’acteur jouant Peter Parker – mais sa voix molle et son marmonnement joue vraiment bien dans la création d’une version de Parker qui a semble-t’il abandonné et qui se morfond dans une grande dépression. Shameik Moore, lui, rend vraiment l’impression que Miles est un jeune impressionné naïf et Nicolas Cage exagère parfaitement Spider-Man Noir et son style de héro des années trente.

Le reste de la bande sonore m’a aussi beaucoup plu mais présente quelques faiblesses. D’un côté je dirais que le trois-quart de la bande est constituée de pièces originales spécifiques au film. Ces pièces sont géniales car elles capturent le ton de chaque personnage et les situations dans lesquelles ils se trouvent. Ces morceaux fonctionnent dans le film, mais s’écoutent tout autant bien seul. Lorsque Spider-Ham est introduit, un kazoo commence à jouer – comme quelque chose sortant tout droit des Looney Tunes reflétant son aspect de cartoon. Spider-Man Noir a des percussions et des violons et Peni Parker est plus techno. Éventuellement, tout ces styles se mélangent à la fin de la composition pour montrer leur unification. Malheureusement ce n’est pas toute la bande sonore qui reste à ce niveau. Le quart restant se constitue principalement de chansons licenciées qui ne s’accordent pas du tout avec le moment. Comme si ceux en charge s’étaient dit: « Miles est à moitié noir, mettons du trap rap. Ma fille adore le trap rap! »

Quoi que le sujet est un peu écarté, j’ai également été agréablement surpris par les bandes-annonces du film. Elles ont misent en scène diverses techniques pour garder la surprise de l’auditoire, comme ajouter des scènes qui n’existent pas dans le film ou bien changer le contexte de certaines scènes en coupant adéquatement. Ils ont évité de montrer une version écourtée de l’œuvre, ce que j’admire beaucoup.

Je conseil  très chaudement Into the Spiderverse. Ce n’est pas tous les jours qu’on a un long-métrage de cette qualité venant de la part de Sony Studios.

Harryson Joseph

Un vrai snob intellectuel, je m'intéresse à toute sorte de choses, mais particulièrement les jeux vidéos. La télévision à eu raison de mon cerveaux alors je n'arrive qu'a déblatérer mes opinions de la manière la plus incohérente possible. Dans mon temps libre j'écris et je pousse les gens à rejoindre mon culte tournant autour du jeu Godhand.

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