Critique de Batman Ninja

Batman Ninja fait parti de la longue liste de film direct-sur-DVD (et Blu-Ray) sortie par la branche d’animation de DC. Comme chacun de ces films, je l’ai attendu avec une certaine impatience malgré l’apparente qualité déclinante des films.  Cependant j’admets que j’attendais ce film avec ironie. Lors de la première annonce sur Netflix, il était clair que le film allait être volontairement ridicule en implémentant une tonne de clichés japonais. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai souvent ces moments avec mes amis où je me demande comment une oeuvre sonnerait en japonais. Après tout, on en est à un point où c’est un gag récurent sur internet et des centaines de mèmes sont basés sur cette idée. Avec Batman Ninja, j’ai eu exactement ce que je voulais : un film de Batman avec une touche de folie japonaise — mais j’ai aussi eu plus que je ne l’espérait.

Si une chose ressort particulièrement durant l’heure et demie du long métrage, c’est la qualité de l’animation. Au départ, on ne pouvait accuser personne d’avoir eu des doutes au sujet du style suite à l’annonce que le projet serait en 3D. En effet, le problème avec l’animation 3D c’est que — contrairement aux objets tridimensionnels de la vraie vie — il manque les détails subtils qui communiquent la force et le mouvement.  Dans l’animation 2D, des techniques sont déjà misent en place pour communiquer ce genre de chose. C’est une forme d’animation plus fluide et malléable. Par contre, il est possible d’obtenir un effet similaire en déformant légèrement les objets : le tweening. Comme de fait, Batman Ninja ne manque pas de déformer ses modèles pour pousser au maximum l’expressivité des personnages. L’animation est un cadeau pour les yeux; tout est très dynamique et les visages sont expressifs.

Il n’y a pas non plus que l’animation qui brille. La composition de l’image peut être par moment surprenante et joue avec la perspective. Les couleurs sont riches et renforcent l’ambiance. Et bien que cela tombe dans la catégorie animation, les changements de style dans la présentation donnent une touche artistique très forte — tout particulièrement une scène incluant Joker et Redhood présentée en style aquarelle. Lors de cette scène, on oublie l’espace d’un instant qu’il s’agit d’un film animé intitulé Batman Ninja; c’était très émotionel.

Malheureusement, l’aspect visuel reste l’élément le plus marquant à propos de l’expérience. L’histoire quand à elle bien qu’hilarante, reste tout de même très basique. Prenant en considération qu’au japon il est courant de commencer par un storyboard avant le script, cela explique beaucoup. Je n’ai pas eu le loisir d’écouter la version originale, mais ceux en charge du script ont affirmé qu’ils ne disposaient pas vraiment de matériel à adapter. Le script original faisait en fait six pages, ce qui fait que le dialogue dans la version anglaise est plus ou moins inventé et la progression plutôt clichée en est la preuve parfaite. Quant à la musique, elle se fond dans l’arrière plan dû à son utilisation peu imaginative d’instruments traditionnels japonais.

Toute chose considérée, c’est toutefois un film très recommandable. Malgré le fait que beaucoup des autres aspects sont moyens, l’animation et la cinématographie compensent largement pour une production qui n’excelle pas à tout endroit.

Harryson Joseph

Un vrai snob intellectuel, je m'intéresse à toute sorte de choses, mais particulièrement les jeux vidéos. La télévision à eu raison de mon cerveaux alors je n'arrive qu'a déblatérer mes opinions de la manière la plus incohérente possible. Dans mon temps libre j'écris et je pousse les gens à rejoindre mon culte tournant autour du jeu Godhand.

Pour plus d'articles du même auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *